| La première finale dans l'ère open à Roland-Garos entre deux gauchers sera en quelque sorte une question de suprématie, entre les deux nations dominantes sur terre battue : l'Espagnol Rafael Nadal et l'Argentin Mariano Puerta défendent l'honneur de tout un peuple. Sur le papier, avantage au Majorquin. Méfiance quand même
La forme du moment La confiance de Rafael Nadal ne peut pas être plus grande. Vainqueur de cinq tournois sur terre battue cette saison, il a réussi un parcours sans-faute à "Roland". Au troisième tour et en huitièmes de finale, il a surclassé deux Français, Richard Gasquet et Sébastien Grosjean. Le Marseillais lui a pris un set, certes, mais malgré le coup de folie du public (une bronca de près de dix minutes), il n'a jamais paniqué ni été en danger. Et puis, bien sûr, il reste sur une performance extraordinaire face à Roger Federer en demi-finales. Vainqueur du n°1 mondial en quatre sets, "Rafa" semble avoir fait le plus dur. Il sera en tout cas frais, dimanche. Aucune inquiétude physique à son sujet
Ce n'est pas le cas pour Mariano Puerta, qui a disputé deux matches en cinq sets en quarts et en demi-finales. L'Argentin est venu à bout de son compatriote Guillermo Cañas et du Russe Nikolay Davydenko en surmontant à chaque fois un déficit de deux manches à une. Forcément, il est entamé sur le plan physique. Mais sa confiance n'en est que renforcée. Après avoir écumé les tournois Challenger en début de saison, il s'est imposé au mois d'avril sur la terre battue de Casablanca. Auparavant, il avait atteint la finale du tournoi de Buenos Aires, n'échouant que devant Gaston Gaudio. S'il n'a pas les références de son rival, Puerta sait que sur terre battue, tous les exploits lui sont permis. La clé du match Elle réside bien sûr dans la capacité de l'un et l'autre à gérer l'événement. Nadal et Puerta disputent leur première finale en Grand Chelem. Pour l'Argentin, âgé de 26 ans, c'est sûrement la chance de sa vie. De retour au plus haut niveau après sa suspension de neuf mois pour dopage, le 37e mondial a bénéficié d'un tirage au sort assez favorable pour se retrouver à pareille fête. Avec son grand coup droit et sa puissance, il peut gêner l'Espagnol. Mais si celui-ci joue à son meilleur niveau, il devrait s'imposer, et même facilement. Seulement voilà : "Rafa" vient tout juste de fêter ses 19 ans. Il doit gérer son statut de favori dans sa première grande finale. On a du mal à imaginer, toutefois, qu'il ne craque mentalement. Pour sa première participation, il a réussi un parcours époustouflant. En d'autres circonstances, comme lors de l'incroyable finale qui l'a opposé à Guillermo Coria à Rome, il a montré qu'il avait des nerfs d'acier. Plus complet, plus endurant, plus rapide, et sûrement plus fort mentalement, Nadal, a priori, ne peut pas perdre. Ne doit pas perdre. Mais ce n'est pas un événement comme les autres
Les face-à-face C'est la quatrième fois que les deux joueurs vont se défier. Les trois rencontres précédentes ont bien sûr eu lieu sur terre battue. La première fois, c'était une finale, en France, en 2003, lors du Challenger d'Aix-en-Provence, aujourd'hui disparu du calendrier. Puerta s'était imposé difficilement face à un "gamin" de 17 ans, sauvant même deux balles de match (3/6, 7/6, 6/4). Nadal avait pris sa revanche la même année à Umag, au deuxième tour (6/2, 6/4). Cette année, il a pris le dessus sur le joueur de Buenos Aires à Acapulco, en "demie" (6/4, 6/1). Ce dernier match est sûrement le plus significatif
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