athlétisme
L'Ethiopien Bekele bat son propre record du monde du 10.000 m
27.08.2005 -
L'Ethiopien Kenenisa Bekele, qui a battu son propre record du monde du 10.000 m messieurs en 26 min 17 sec 53/100es, vendredi soir à Bruxelles, le 4e de sa carrière (avec le 5000 m), s'est hissé au sommet de l'histoire des courses de fond.
Bekele, 23 ans, a ôté près de trois secondes à son ancienne limite (26:20.31) établie le 8 juin 2004 à Ostrava (République tchèque). Mis sur orbite par le Kényan Martin Keino, fils du grand Kipchoge (champion olympique du 1500 m en 1968, du 3000 m steeple en 1972), Bekele a été constamment en avance sur son tableau de marche d'Ostrava.
L'avantage s'est même élevé à huit secondes, au 4e km, sous l'impulsion de son jeune frère Tariku, qui avait juré qu'il était prêt à "sacrifier sa vie" pour la réussite de la tentative. Livré à lui-même peu avant le 7e km, le double champion du monde (2003 et 2005) a ensuite légèrement faibli. Mais, le buste bien droit, le roi des rois a continué à pousser.
"Je ne pouvais pas échouer. Contrairement à Ostrava, où il y avait du vent, ici les conditions étaient parfaites, avec des lièvres efficaces et un public qui m'a sublimé", a expliqué le champion, déconcertant de facilité.
Invaincu sur la plus longue des distances sur piste depuis 3 ans, avec à la clé les titres olympique (2004) et mondiaux (2003 et 2005), Bekele détient également le record du monde du 5000 m. Il est aussi l'auteur d'une incroyable série de quatre doublés en cross-country (cross court et cross long). En début d'année, Bekele avait failli abandonner l'athlétisme après la mort brutale de sa fiancée, décédée d'une crise cardiaque dans ses bras alors que le couple s'entraînait sur les collines de leur pays.
Par ailleurs, Christine Arron, lauréate du 100 m (10.97), a été la meilleure des Français engagés dans la cinquième étape de la Golden League d'athlétisme. Après le coup d'arrêt (4e) de Zurich, Arron a repris sa marche victorieuse dans la Ligue d'Or. En l'absence de l'Américaine Lauryn Williams et de la Jamaïcaine Veronica Campbell, qui l'avaient précédée en Finlande, la double médaillée de bronze (100 et 200 m) des Mondiaux a justifié son niveau, en descendant une nouvelle fois sous les 11 secondes.
Le Martiniquais Ronald Pognon avait, lui, à affronter l'Américain Justin Gatlin, roi inconstestable de la ligne droite. Isolé au couloir 9, Pognon a pris un remarquable départ. Mais, mis en orbite après la mi-course, Gatlin a passé le Français aux 70 m pour s'imposer en 9 sec 99/100, contre 10 sec 05/100 pour Pognon.