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Tennis Les Français(es)
[19/04/2006]
Le 2e tour de Monte-Carlo a ravivé chez PHM une plaie entrouverte depuis 4 ans: le syndrôme de la défaite qui fait mal. Un revers qui s'articule autour d'un scénario aussi cruel que répétitif: une victoire qui se profile, mais un adversaire qui le coiffe au poteau. Retour sur ses plus beaux fiascos.
2002 - L'ANNEE OU TOUT BASCULE
Roland-Garros, 4e tour : défaite face à Andre Agassi 6-4, 6-3, 3-6, 3-6, 3-6
Coupe Davis, finale : défaite face à Mikhail Youzhny 6-3, 6-2, 3-6, 5-7, 4-6
Paul-Henri aura tout connu cette année-là. Le bonheur de remporter ses deux premiers - et derniers - titres, mais également les deux plus grosses désillusions de sa carrière. Tout commence à Roland-Garros. Porte d'Auteuil, Paulo débute le deuxième Grand Chelem de l'année en novice. Après deux ans de professionnalisme passés en tournois Futures et Challenger, PHM fait sensation en 2002 en passant trois tours lors de sa deuxième participation.
Après avoir battu Wayne Ferreira en cinq sets, Fabrice Santoro en quatre et Jiri Novak en trois manches, c'est serein et affûté qu'il se présente face à Andre Agassi au 4e tour. La confiance emmagasinée ces derniers jours se ressent tout de suite, Mathieu surclassant le Kid de Las Vegas lors des deux premiers sets 6-4, 6-3... avant de subir la foudre de l'Américain pour finalement concéder les dernières trois manches sur le même score: 3-6.
Au revoir et Bercy
Si cette défaite a révélé PHM, le Strasbourgeois a su surfer sur cette nouvelle notoriété pour signer son retour au premier plan fin 2002 avec deux titres glanés à Lyon et à Moscou dans la foulée. Une confirmation du talent de Paulo que ne manquera pas de remarquer Guy Forget, qui le sélectionnera en Coupe Davis pour affronter la Russie en finale à Bercy en décembre 2002, pour pallier aux forfaits de Llodra et Clément. Si Paul-Henri ne fait pas le poids face à Marat Safin lors du premier simple, on sent le Français capable d'apporter le point décisif lors du 5e et dernier match face à Mikhail Youzhny, alors que les deux équipes sont à égalité 2-2.
Le bras tremblant, le Russe concède les deux premiers sets dans une liesse totale. L'enjeu rattrape alors Mathieu qui fait de plus en plus de fautes. Si la Russie empoche la 3e manche, la 4e est plus serrée. Au point que Paul-Henri se place à deux points du match. Privé de premières balles et de lucidité, Mathieu perd sa mise en jeu à 5-5 et le 4e set 7-5. Enivrant d'efficacité, Youzhny prend le match à son compte dans le 5e et dernier set pour s'adjuger le dernier point victorieux de la Russie. La France, tenante du titre, tombe de haut, et c'est en larmes que Paulo, héros national déchu, terminera sur sa chaise.
2004 - LE REVE AMERICAIN BRISE
US Open, 3e tour :défaite face à Sargis Sargsian 6-4, 6-4, 4-6, 2-6, 6-7(4/7)
Beaucoup prédiront la fin précoce de la carrière de Paul-Henri après sa défaite en finale de Coupe Davis. Mais il n'en fut rien. Malgré les blessures, le Français atteint en 2003 une finale à Palerme, perdue face à Nicolas Massu, et s'incline dans la foulée en demi-finale à Moscou face à Taylor Dent. Les doutes quelque peu dissipés, l'année 2004 semble être celle du renouveau pour Paulo. Une victoire en Challenger à Segovia en Espagne face à Nicolas Mahut lui redonne du peps. Mais l'US Open viendra le faucher en plein vol.
Après deux tours passés avec brio face à Raemon Sluiter en trois sets et Taylor Dent en quatre manches, c'est sur la pointe des pieds que Mathieu affronte l'Arménien Sargis Sargsian pour une première place au 4e tour de Flushing Meadows. Les deux premiers sets sont un vrai régal pour le Français, qui empoche les deux premières manches sur le même score 6-4. Une embellie de courte durée : si l'Alsacien concède les 3e et 4e sets 4-6 et 2-6, la déception restera palpable dans l'ultime manche perdue au tie-break 6-7, 7 points à 4... Son bon parcours américain lui rouvrira toutefois les portes de la Coupe Davis, où il apportera le seul point de la France face à l'Espagne en battant Carlos Moya... en cinq manches.
2005 - LE JOUR LE PLUS LONG
Roland-Garros, 3e tour : défaite face à Guillermo Canas 3-6, 6-7(4/7), 6-2, 7-6(7/5), 6-8
Fort d'un huitième de finale Porte d'Auteuil en 2002, perdu de justesse face à Andre Agassi, Paul-Henri, récent héros sur terre battue en Coupe Davis face à la Suède, débarque à Roland-Garros en mai 2005 avec des velléités de faire encore mieux. Après avoir disposé de Feliciano Lopez au 1er tour, puis Chris Guccione au deuxième, un spécialiste de terre battue se dresse devant lui sur le court Suzanne-Lenglen au 3e tour : Guillermo Canas. L'Argentin, quart de finaliste en 2002, a déjà fait une victime dans le clan français: Gaël Monfils, qui s'est lourdement incliné 6-3, 6-1, 6-0 au 1er tour.
Nous sommes samedi en fin d'après-midi. Les premiers échanges sont à sens unique : le Français, débordé, concède la première manche 6-3, avant de faire meilleure figure au second, sans être plus en réussite. Il perd la deuxième manche au tie-break et également son sang-froid, en s'en prenant à l'arbitre qui ne veut pas arrêter la partie, de plus en plus plongée dans la pénombre. Après avoir averti Mathieu, l'arbitre de chaise envoie les joueurs aux vestiaires et c'est finalement à 2-2 dans le troisième set que ce match du 3e tour est reprogrammé le lendemain.
"Ces choses-là, ça arrive..."
Au retour sur le court Suzanne-Lenglen, c'est un nouveau match qui commence et un nouveau Mathieu qui se représente devant le public parisien. Déchaîné, le Français s'empare du 3e set 6-2 après 4 jeux remportés d'affilée, puis du 4e après un tie-break gagné in extremis 7 points à 5. Revenu de nulle part, le Strasbourgeois va même se procurer deux balles de match à 5-4... Deux occasions ratées, pour finalement vendre sa peau dans le 5e set après 5h04 de jeu, gagné 8 jeux à 6 par l'Argentin à son tour rescapé. Extrêmement déçu, tout comme le public qui ne comprend pas un tel manque de réalisme, Mathieu repart une nouvelle fois frustré après cette déconvenue qui sonne le glas de sa collaboration avec son entraîneur de l'époque Patrice Hagelauer.
"A chaud, je suis évidemment déçu, mais je suis parti aujourd'hui de tellement loin avec deux sets à remonter. Je suis bien revenu, j'ai failli réussir l'exploit mais il faut un gagnant et un perdant..., déclarait PHM dépité. C'est d'autant plus frustrant que ça se passe ici à Roland-Garros. La prochaine fois, ce sera peut-être dans l'autre sens, je sauverai deux balles de match et je gagnerai. On peut toujours refaire les points mille fois. Ces choses-là, ça arrive..."