tournoi de tennis de miami

Tennis WTA Miami
[22/03/2006]
Amélie Mauresmo, qui veut mieux assumer son statut de N.1 mondiale que lors de son premier sacre, se rend à Miami avec les mêmes certitudes qu'en début de saison. Absente à Indian Wells après une série de quatre tournois à la suite, la Française veut désormais maîtriser son tennis et sa carrière.
WTA MIAMI (E-U, Tier I, dur)
Amélie Mauresmo, qui veut assumer mieux son statut de numéro 1 mondiale que lors de son premier sacre, se rend à Miami avec les mêmes certitudes qu'en début de saison. Absente à Indian Wells après une série de quatre tournois à la suite, la Française veut désormais maîtriser son tennis et sa carrière.
Cette fois-ci, aucune polémique sur le niveau de jeu d'Amélie Mauresmo n'a entaché la publication du classement WTA du lundi 20 mars, premier jour de printemps et date du deuxième sacre de la Française. Victorieuse de la Masters Cup puis de son premier Grand Chelem en Australie, celle qui a frappé ses premières balles au Tennis Club Bornel dans l'Oise, peut aujourd'hui revendiquer le titre de meilleure joueuse du monde.
Une consécration ? Oui et non. Oui, parce que son premier passage au sommet n'avait pas laissé de bons souvenirs, et non parce qu'une sportive professionnelle doit se remettre en cause en permanence faute de quoi elle est mûre pour prendre sa retraite ou perdre sa raison de travailler. Mats Wilander explique bien ce paradoxe dans L'Equipe de ce mardi 21 mars : "En 1988, je suis devenu numéro 1 mondial après avoir gagné trois Grands Chelems, dont l'US Open, en battant Lendl en finale. Et là, je me suis dit : "Qu'est-ce que tu veux de plus, qu'est-ce que tu peux faire de mieux ?" Et ç'a été, pour moi, le début de la fin."
En début de carrière, la prometteuse Mauresmo s'était donné trois objectifs : gagner un Grand Chelem, devenir numéro 1 mondiale et remporter la Fed Cup. Les voilà aujourd'hui tous atteints. Que faire donc ? Les difficultés rencontrées sur son parcours lui offrent cependant une chance particulière : elle n'a pas encore remporté Roland-Garros, elle n'a jamais terminé une saison en tant que N.1, et elle évolue à une époque où les concurrentes directes sont légions. En Floride, l'éventail du type de joueuses dont elle devra se méfier va de la sobre Nadia Petrova à la renaissante Martina Hingis.
"Une vraie domination sur le circuit"
Privée du syndrome de la "grosse tête", Amélie a plutôt souffert d'un manque d'assurance chronique lors des grands moments de sa carrière. Au moment où le plus dur semble fait, soit se convaincre qu'elle peut être la meilleure, il semblerait curieux qu'elle sombre soudainement dans l'autosatisfaction. Reste donc à trouver le juste équilibre entre confiance en soi, détermination et humilité. Un cocktail que Roger Federer sert à merveille tout en évitant les excès d'arrogance d'autres ambitieux moins talentueux. " J'exerce une vraie domination sur le circuit, a déclaré en substance Mauresmo à L'Equipe, c'est cela qui fait la différence" . L'annonce du classement n'a fait que confirmer une donnée déjà ancrée en elle-même.
Battre des records n'a jamais été le moteur de la carrière de Mauresmo, et elle semble d'ailleurs bien loin des résultats des plus grandes joueuses de l'histoire du jeu pour pouvoir se mêler de ce genre de gloire statistique. Mais cela n'a pas empêché la Française d'évoquer ses nouveaux objectifs : entretenir "la plénitude" qu'elle ressent actuellement et qui lui a fait dire ici ou là qu'elle se sentait capable de remporter le Grand Chelem...
Epanouie, prête à rentrer dans l'histoire
Pour la première fois, on sent poindre chez la Parisienne une volonté de s'inscrire dans l'histoire de son sport. De son "coming-out" personnel en 1999, à cette victoire au Masters et à Melbourne, le chemin d'Amélie est celui d'un épanouissement. Reste à savoir où cette "plénitude" la mènera. Profiter de la vie tournoi après tournoi, ou chercher à se dépasser pour se projeter dans l'histoire de son sport.
La numéro 1 tricolore devait supporter depuis septembre 2005 (et la victoire de Kim Clijsters à l'US Open) l'opprobre d'être la seule parmi les quinze joueuses sacrées au classement WTA à n'avoir jamais remporté un titre du Grand Chelem. Amélie Mauresmo, qui se sentait pourtant voler sur les courts, a maintenant les moyens de rêver et de faire rêver, mais en Floride comme à Roland-Garros, elle devra vite évacuer la pression nouvelle qui va s'abattre sur elle.
"Que je perde ou que je gagne, c'est cool", philosophe-t-elle avec bonheur au présent. Son règne, qui devrait durer cette fois-ci plus que cinq semaines, débute sous le signe d'une attitude plutôt relax, qui rappelle celle d'un certain Yannick Noah...
AMELIE MAURESMO à Miami
1998 : 2e tour, battue par Yayuk Basuki.
1999 : 3e tour, battue par Elena Likhovtseva.
2003 : 4e tour, battue par Chanda Rubin.
2005 : demi-finale, battue par Kim Clijsters 6-1, 6-0.
