james blake

Tennis LET !
[20/03/2006]
Après sept ans de professionnalisme mais aussi de galères, James Blake entre enfin dans la Top 10 technique après une finale à Indian Wells et deux titres glanés en 2006. Malgré sa défaite face au maître des lieux Federer, le New-Yorkais n'en sort pas moins confiant avant le Masters Series de Miami.
Brian Barker s'en tire bien. Parce que son poulain venait de remporter le troisième titre de sa carrière à Sydney en 2006, l'entraîneur de James Blake s'est obligé à exécuter son gage, parié une semaine avant le début du tournoi australien : porter une dent en or tout le temps où Blake était en lice à l'Open d'Australie.
Si l'expérience lui reste, paraît-il, en travers de la gorge, Barker n'en reste pas moins un coach heureux. Car celui qu'il entraîne depuis l'âge de douze ans a réussi à se hisser jusqu'en finale du Masters Series d'Indian Wells. L'histoire retiendra que Roger Federer a décroché sa troisième victoire consécutive en Californie, fait unique jusqu'ici. Mais Brian Barker retiendra qu'il était à deux doigts de danser nu sur la table de conférence de presse d'après-match... (pure fantaisie, rassurez-vous...)
Car les paris sont un rituel entre les deux hommes. Source de motivation ou non, James Blake a pris un malin plaisir à lui procurer des moments caucasses à chaque nouvel instant de gloire. Victorieux de son premier tournoi à Washington en 2002, ce New-Yorkais de naissance a vu son entraîneur réalisé un saut en parachute comme signe de reconnaissance... Le grand saut, aujourd'hui, c'est bel et bien Blake qui le réalise, mais vers le haut. Entré dans le Top 25 en 2005, James est désormais neuvième au classement technique de l'ATP, et notamment troisième de l'ATP Race. De loin le meilleur classement de sa carrière. Une cerise sur la gâteau qu'il est encore trop tôt pour déguster.
"On sent qu'il est habité..."
Le monde du tennis ne pourra pas occulter la performance de James Blake. Victorieux à Sydney en début d'année, puis de son 5e et dernier titre à Las Vegas, cet ancien d'Harlem a réussi à défier Federer en finale du premier Masters Series de la saison et engrangé des points comme jamais. Mais sa victoire de la semaine, le néo-Floridien l'a obtenu en demi-finale d'Indian Wells en restant invaincu face à Rafael Nadal, battu 7-5, 6-3. Même Federer, le maître des lieux, ne peut pas en dire autant avec trois défaites au compteur en quatre confrontations face à l'Espagnol. Certes spécialiste de terre battue, le vainqueur de quatre Masters Series en 2005 a tout de même terrassé le n°1 mondial sur dur à Dubai voilà deux semaines...
De lui, Nadal ne tarit pas d'éloges à son encontre : "Ce qui me gêne chez Blake, c'est qu'il est tout le temps offensif, se place bien à l'intérieur du court, retourne très vite. On sent qu'il est habité par une grande confiance qui lui vaut la réussite sur certains coups. Et l'Ibérique d'enrichir : Pour moi, il vaut le Top 5 en ce moment." Certains parlent de revers sérieusement amélioré, arme désormais indispensable pour se sortir de situations inextricables, d'autres de force de caractère. L'intéressé dévoile alors sa solution. "J'ai passé beaucoup de temps en salle de musculation, avoue Blake. Aujourd'hui je suis plus costaud et je dispose d'assez de force dans l'épaule pour négocier mes revers correctement et y mettre du poids en les renvoyant. Avant de rajouter pour mémoire : Avant, avec mon virus, je ne voyais pas très bien la balle, alors je ne pouvais que taper sans courir."
Des sens auditifs et visuels diminués
James Blake insinue ainsi que ses années de galère sont bien derrière lui. Depuis ses débuts professionnels en 1999, cet admirateur sans faille d'Arthur Ashe a eu un gros passage à vide. Un moment où la chance tourne et où le sort s'acharne. Notamment en 2004, l'année où s'accumulent blessures et maladies. A Rome, JB se fracture un vertèbre cervicale lors d'une séance d'entraînement, l'éloignant des courts pendant deux mois, en raison d'une paralysie qui ne fut pas sans rappeler une période de son enfance où il dut se relever d'une scoliose, qui l'obligea à porter des attelles pendant 18 heures par jour.
Revenu à flot, un zona lui compliqua un peu plus la vie durant l'été 2004, lui paralysant le visage et affaiblissant ses sens auditifs et visuels. Pas simple de sortir son épingle du jeu, d'autant qu'un nouveau drame vient émailler sa vie avec le décès de son père des suites d'un cancer. Atteint physiquement et moralement, une chute vertigineuse au classement s'en suivit "logiquement" jusqu'à la 210e place ATP début 2005... Un quart de finale à l'US Open lui redonna le sourire, même si sa défaite face à Andre Agassi, qu'il menait pourtant deux sets à rien, lui apportera quelques regrets. Mais ce sont ses succès sur Nadal et Robredo qui retiendront le plus l'attention : l'Amérique voit en lui germer la future star des courts US.
Avec le début de saison calamiteux d'Andy Roddick, la retraite proche d'Andre Agassi et la discrétion de Robby Ginepri pour l'instant, le pays de l'Oncle Sam s'est sans doute trouvé un nouveau héros. Reste à confirmer ce statut et son classement ATP dans les mois à venir. D'abord à Miami, prochain Masters Series à disputer où il évoluera quasiment à domicile (il loge à Tampa en Floride), ensuite d'aller encore le plus possible dans l'antre de la reconnaissance tennistique américaine : l'US Open. Et pourquoi pas, faire trembler le n°1 mondial sur le court Arthur Ashe... Je suis prêt à prendre les paris.
