guy forget

Tennis Coupe Davis 2006
[11/02/2006]
Guy Forget a mis un moment à réaliser mais l'équipe de France mène 2-0 face à l'Allemagne avant le double de ce premier tour de Coupe Davis. Le capitaine félicite Grosjean et Gasquet tout en rappelant que la qualification n'est pas encore acquise. Clément et Llodra jouent une place en quarts.
COUPE DAVIS - Premier tour
Arnaud Clément/Michaël Llodra (FRA) - Alexander Waske/Tommy Haas (ALL)
A partir de 14h45
Guy, vous menez 2-0 à l'issue des deux premiers simples. C'est une belle surprise...
GUY FORGET : "Vous y croyiez, vous ? Pas vraiment ! Moi non plus pour vous dire la vérité. Je m'attendais à un score de 1-1. Je pensais qu'on pourrait grappiller un simple, gagner le double le lendemain... Mais là, 2-0 ! Je savais que c'était techniquement possible, mais bon, c'était un peu inespéré. Alors, avant tout, je voudrais tirer un grand coup de chapeau à Richard et Sébastien qui ont été l'un et l'autre fabuleux aujourd'hui. Je pèse bien mes mots."
"A l'Open d'Australie, « Seb » avait perdu en cinq sets contre Kiefer ; Richard avait pris trois sets contre Tommy Haas qui n'a perdu que deux fois cette année, contre Roger Federer. En Allemagne, avec le public contre eux, ils arrivent finalement, quinze jours plus tard, à inverser la situation : « Seb » gagne en trois sets secs et Richard s'impose à l'arrachée. Je suis admiratif et très fier de leur performance."
A quoi attribuez-vous ces deux victoires ?
G.F : "Les joueurs ont perdu, seuls, à la régulière, à l'Open d'Australie, ils gagnent chez les Allemands en jouant ce tennis là ! Soit je suis un sorcier, et je sais que je n'en suis pas un ! J'arrive juste à leur faire sortir leur meilleur niveau. Je les aide et je leur apporte un petit plus. Soit c'est l'esprit d'équipe. C'est ça dont je parle toujours. S'ils perdent seuls, et qu'ils gagnent en équipe, avec les copains derrière dans la loge, c'est que le fait de jouer pour cet idéal, pour leurs potes, ça les fait se transcender. Aujourd'hui, j'ai vu deux gars qui se sont sublimés. Ce n'est pas toujours comme cela, mais quand cela arrive, quel bonheur !"
Quel bonheur aussi de voir Richard Gasquet se libérer après un premier set très difficile...
G.F : "Cela fait un moment que l'on parle de Richard comme d'un futur grand. Lorsqu'il a perdu le premier set, qu'il a gagné les deuxième et troisième sets, qu'il s'est trouvé bien embarqué dans le quatrième, je me suis dit : « S'il arrive à remporter ce match, il va être très, très fort. » Il perd le quatrième, puis il mène au cinquième avec les jambes un peu dures. Il laisse passer une balle de match, il regarde un peu à gauche, à droite, l'émotion commence à prendre le dessus, et pourtant, il gagne ce match là. Chapeau Richard ! Cela va être un grand Richard. Il est déjà grand. Cela va être un très grand."
C'est déjà un grand joueur de Coupe Davis ?
G.F : "Pendant le match, il me parlait des difficultés qu'il rencontrait. Et je lui disais : « C'est ça la Coupe Davis. » Et intérieurement, je me disais : « Tu es en train de devenir un homme, un champion, de faire tes classes à vitesse grand V. » Gagner ce match là, ça prouve de quelle trempe il est fait."
Vous l'avez vu « naître » aujourd'hui ?
G.F : "Ça fait longtemps que je l'ai vu naître et que je suis admiratif de son talent. Lui qui était parfois, par le passé, défaitiste quand il était fatigué ou lorsqu'il ne jouait pas bien. Aujourd'hui, il a puisé au fond de lui-même pour gagner ce match là. Et ça, bien sûr, je l'attribue à ces potes dans les tribunes, au fait d'avoir tout un staff dans les tribunes qui l'a préparé pendant dix jours. On a réussi à optimiser tout cela. Et moi, ce qui me montrait à l'entraînement, ça me laissait entrevoir un match spectaculaire, un petit peu miraculeux. Mais le miracle a bien eu lieu et cela me comble de bonheur."
On a le sentiment que les Français ont été maîtres de leurs nerfs aujourd'hui, contrairement aux Allemands qui ont craqué...
G.F : "Demandez aux joueurs ce que je leur ai dit hier soir au débriefing d'avant match. On a parlé spécialement de cela. Je leur ai dit : « Les gars, si vous voulez les voir craquer, car ils peuvent être fragiles mentalement, il faut les amener dans une situation où ils vont péter les plombs. Mais ça, vous allez le faire raquette en mains, en imposant votre talent. Sinon, ils ne pèteront pas les plombs, car ils sont très forts, très solides»
"C'est par la qualité de leur jeu que les gars ont fait craquer les Allemands. C'est toujours facile d'oublier une faute d'arbitrage lorsque l'on domine. Mais lorsqu'on est tendu, un peu dominé, il suffit parfois d'une étincelle pour que tout explose. Effectivement, à plusieurs reprises, on a senti qu'ils étaient au bord de la rupture."
Maintenant, il ne manque plus qu'un point, que le double Clément Llodra pourrait apporter samedi...
G.F : "Ecoutez, on est loin d'avoir gagné. Il y a encore un match à jouer. Peut-être deux, ou même trois. Il reste un point à remporter. Ce sera peut-être le plus difficile. Cette rencontre, je le répète, est très difficile. Elle l'a été sur les deux premiers matches. Maintenant le double va l'être tout autant. J'espère que les garçons qui vont le jouer feront preuve du même courage, de la même concentration et de la même solidité."