amélie mauresmo
Mauresmo: "Un grand pas de franchi"![]() Amélie Mauresmo a donc décroché à Los Angeles le premier grand succès de sa carrière. Une consécration méritée pour une joueuse dont le palmarès ne reflète pas (encore) le talent unanimement reconnu. A 26 ans, il n'est pas trop tard pour aller encore plus haut. Dès l'année prochaine. |
WTA CHAMPIONSHIPS - Finale Sept ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Amélie Mauresmo pour trouver la clé d'une porte qui refusait obstinément de s'ouvrir devant elle. Depuis son arrivée au plus haut niveau, en 1999, lorsqu'elle avait atteint la finale de l'Open d'Australie, la Française tardait à dompter ses propres peurs. Certes, elle n'a toujours pas remporté de tournoi du Grand Chelem (elle attend d'ailleurs toujours de disputer une nouvelle finale), mais sa victoire au Masters pourrait bien tout changer.
"Vraiment extraordinaire"
On lui a trop lancé à la figure son incapacité à se lâcher dans les grandes occasions pour ne pas saluer son bijou de match face à Mary Pierce. Pour la première fois peut-être, Mauresmo a su produire son meilleur tennis à l'heure H. "Au delà de ce titre prestigieux, c'est la manière avec laquelle j'ai géré ce match que j'ai aimé, reprend la numéro 3 mondiale. Il a été d'un niveau extraordinaire." "Je ne m'y attendais pas" Un scenario finalement assez classique pour Amélie. Seule la fin de l'histoire a donné dans l'originalité. Tant mieux pour elle. "Je crois que cela a été un des meilleurs matches de tennis féminin cette année. Très intense, reprend Amélie. Dès que l'une lâchait, l'autre recollait. Il y a eu beaucoup de rebondissements. Je pensais qu'elle allait lâcher physiquement au début du 3e set mais elle est revenue."
Pas une référence Le titre acquis à Philadelphie lui a redonné le moral sans vider ses réserves. Même sa défaite face à Mary Pierce, en phase de poules, ne l'a pas fragilisé. En deux semaines, Mauresmo vient de battre Kim Clijsters, Mary Pierce, Elena Dementieva (deux fois) ou encore Maria Sharapova. "Il fallait que je me prouve que j'étais capable d'enchaîner cinq matches contre des joueuses du top 10", estime la Française. C'est fait.
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Tennistiquement parlant, elle a toutes les armes pour faire la loi sur le circuit WTA. D'autres, pourtant moins douées, ont déjà inscrit leur nom au palmarès des plus grands tournois. Mauresmo n'a rien à envier à une Myskina ou une Kuznetsova. Bien au contraire. Elle devait simplement se libérer de ce blocage mental. Dans cette optique, son séjour californien a sans doute beaucoup fait. On peut lui souhaiter une carrière à Lendl, dont l'avènement tardif avait précédé une boulimie de titres.
"C'est un grand pas de franchi. Je ne sais pas où cela va me mener mais c'est un cap", juge la Picarde. "Je suis très heureuse d'avoir vécu ce moment. J'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres. C'est un soulagement et une grande joie. On bosse pour vivre ces moments-là. Je ne sais pas si je revivrai un tel moment, mais c'est vraiment extraordinaire", souligne-t-elle.
Il y a encore deux semaines, même elle n'aurait pas misé une fortune sur ses chances de victoire. Après un mois d'octobre très décevant, l'élève de Loïc Courteau ne savait plus trop où se situer. "Cette victoire vient à un moment où je ne m'y attendais pas après mes deux désillusions de Moscou et Zurich" (NDLR: défaites au premier tour), concède-t-elle.
Amélie Mauresmo a donc conclu en beauté une année contrastée, jonchée de temps forts mais aussi de quelques coups de mou. Malgré l'apothéose hollywoodienne, 2005 ne restera d'ailleurs pas sa référence. "La meilleure année de ma carrière reste quand même celle de l'an passé, qui a été extraordinaire. J'avais été très constante. Là, j'ai eu des hauts et des bas ." Mais elle a fini très haut.